ataraxosphere

Le blog de Frédéric Kelder (ex-candidat MoDem du canton Aubervilliers Ouest en 2008) et de Florent Zanetti (résident de Paris 13ème). Réflexions citoyennes pragmatiques, sans tabou ni clanisme.

03 juillet 2009

Est-ce qu'il est normal que...

   Voici un nouveau concept pour vous occuper en ce début d'été : le tag MécanOxphère initié sur le blog de la Mécanique, suite à une déclaration invraisemblable de l'occupant de l'Elysée, que je rappelle ci-dessous.

   « Est-ce qu’il est normal que le dimanche quand Madame Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois (sic) passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? »

   Nous vous proposons donc de vous livrer à des déclarations similaires, à propos de situations VRAIMENT anormales et choquantes, comme l'a très bien fait le petit scarabée. Il a d'ailleurs dénoncé des faits que j'aurais cités aussi, alors je vais en donner quelques autres.

   Est-ce qu'il est normal que les médias soient aussi nuls ? (un tiers de faits divers, un tiers de sport & divertissement, un tiers de propagande)

   Est-ce qu'il est normal que des citoyens de la République subissent des contrôles policiers en fonction de leur faciès ?

     Est-ce qu'il est normal que l'on viole les correspondances privées sur de simples présomptions ?

   Est-ce qu'il est normal que les gouvernants rédigent (et cherchent à faire passer en force) des lois anti-constitutionnelles ?

   Est-ce qu'il est normal que l'on impose (en période de crise !) un circuit de formule 1 au détriment des riverains, des agriculteurs et de la qualité de l'air et de l'eau ?

   Est-ce qu'il est normal que l'on prenne des décisions qui engagent la société et la planète à très long terme, en confisquant le débat démocratique ? (par exemple sur le nucléaire et notamment l'EPR)

     Tout le monde est invité à participer, nous ferons une compilation. J'aimerais notamment connaître les choix de Vincent, Mirabelle et JF.

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26 juin 2009

Le MoDem peut-il avoir une crédibilité en matière de développement durable et d'environnement ?

   La question mérite d'être posée, dans la mesure où même certains de ses plus brillants membres font encore des confusions entre différentes notions voire ne semblent pas avoir pris la mesure de certains enjeux. Car il ne suffit pas de brandir l'icône Corinne Lepage ou de rappeler que CAP21 est membre fondateur du MoDem pour acquérir une crédibilité : il faut que les idées dont ils sont porteurs depuis des années intègrent réellement le projet et les pratiques démocrates, et que chaque adhérent s'en saisisse, y compris les responsables ; or la situation est encore loin d'être satisfaisante de ce point de vue, j'ai hélas eu de nombreuses occasions de le constater depuis deux ans. Le minimum pour tout un chacun, serait déjà de lire son petit essai "Vivre autrement" paru chez Grasset (j'en ai plusieurs exemplaires que je peux prêter).

   J'ai déjà expliqué sur ce blog que l'évolution soutenable prônée par Corinne Lepage (expression choisie en remplacement de développement durable à cause du greenwashing et de la querelle infondée avec la décroissance) est une approche basée sur la responsabilité qui concerne TOUS les domaines de la politique, même là où on ne l'y attendait pas forcément (y compris la diplomatie!). Elle ne se réduit absolument pas à la question environnementale (improprement désignée par le terme d'écologie, qui est une discipline scientifique).

   Arrêtons-nous un instant là-dessus. Même si c'était le cas, on constaterait que "l'écologie" est loin d'être aussi neutre qu'on l'entend souvent, en tant que sujet soi-disant non clivant. Certes, tout le monde peut se dire d'accord pour protéger la planète (encore que...), mais dès qu'il faut passer aux actes ou qu'on regarde de plus près les programmes, on constate que bien peu sont en adéquation avec cet affichage, qu'il s'agisse d'actions à entreprendre ou de pratiques à cesser. On peut remarquer au passage que, comme la question européenne, cela dépasse les frontières politiques classiques : il y a des "opposants" tant à gauche qu'à droite, qui se retrouvent réunis sur une même position pour des raisons très différentes... De fait, si certains insistent sur l'aspect "vert" de leur engagement, c'est donc bien parce que c'est un élément qui les démarque et a du sens (on peut discuter de la pertinence de leurs propositions en la matière, mais c'est un autre sujet ; et cela ne signifie pas par ailleurs qu'ils n'aient que cet angle d'attaque pour construire leur projet politique).

   Refermons la parenthèse. En effet, les choses ne se réduisent pas aux préoccupations purement environnementales, qui ne constituent que l'un des trois piliers de la démarche (avec le social et l'économique). L'intérêt et la grande force de l'évolution soutenable, c'est justement d'avoir une approche systémique, globale, tant dans l'espace (intégration des trois types de problématiques) que dans le temps (réflexion sur l'amont et l'aval et notamment les impacts, notion de cycle de vie, etc). Il s'agit d'un véritable projet de société, complet et diversifié. A ce titre, "l'écologie" n'est pas un simple filtre qui viendrait évaluer les propositions en fin de processus : il s'agit d'un élément structurant, à part entière.

   Un des principes clefs de l'évolution soutenable, c'est le principe d'action par priorité à la source : il faut concevoir correctement les choses dès l'origine et agir le moins possible en réaction. Par exemple, le meilleur déchet, c'est celui qu'on ne produit pas (avant même de songer au recyclage). C'est particulièrement évident en matière d'urbanisme et d'aménagement du territoire : l'habitat, les transports, l'activité en général, doivent être organisés en adéquation avec les différents enjeux.

   On peut commencer par bâtir un projet socio-économique dans l'absolu, pour le passer au "crible vert" à la fin, mais il y a de grandes chances qu'il ne passe pas l'épreuve et il y aura eu beaucoup de travail pour rien. Ce ne sont pas de corrections à la marge et a posteriori dont il y a besoin, mais bien d'une démarche complète et intégrée. D'ailleurs il y a de nombreux exemples qui montrent l'intrication des trois piliers, ainsi notamment des gisements considérables d'emploi qui découlent de la prise en compte des enjeux environnementaux (bâtiment, énergie, agriculture, etc).

   Mais j'irai encore plus loin. Des trois piliers, l'environnemental est en fait le plus structurant. En effet, les questions socio-économiques relèvent de la volonté humaine : les gens ont parfaitement le choix de construire une société équitable ou inégalitaire, libre ou totalitaire, organisée ou dérégulée, etc. Tandis qu'en matière d'environnement, les choses ne découlent pas des choix humains mais de la réalité physique du monde, dont on ne peut s'abstraire (même si ce fut la stupide tendance générale ces dernières décennies). C'est donc ce pilier qui conditionne tout le reste, et il va falloir se rentrer ça dans la tête une bonne fois pour toutes. Certaines ressources s'épuisent, d'autres sont altérées (polluées, appauvries, etc), avec des conséquences climatiques ou sanitaires qui concernent directement les populations humaines (je ne parle même pas des impacts indirects, ni du reste du monde vivant qui peuple la planète et qui n'avait rien demandé). Cela se traduit par un nombre considérable d'effets dans la sphère socio-économique qu'on ne peut donc pas négliger ou appréhender comme des questions secondaires.

   Je comptais continuer mais ce billet est déjà bien long. Alors pour terminer, comme je le disais dans un autre, il ne faut pas se laisser aveugler par le projecteur "vert" :

- d'une part, il n'y a pas de focalisation excessive sur le sujet, c'est juste un rattrapage après une longue absence par le passé, une illusion d'optique due à sa récente accession à la place qui lui est due (passer de epsilon à un tiers du discours, ça interpelle forcément),

- d'autre part, il n'y a pas que l'environnement mais bien les trois piliers indissociables, qui traduisent simplement la reconnaissance des trois facteurs de richesses pour la société : le capital financier, le capital humain et le capital naturel.

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23 juin 2009

Taxe carbone ou contribution climat-énergie : enfin !

J'apprends que la taxe carbone a changé de nom et qu'elle sera enfin étudiée sérieusement, lors d'une conférence de consensus puis d'une table ronde sous la présidence de Michel Rocard, normalement au début du mois de juillet. En attendant, écoutons ce que l'intéressé en dit.


(1/4) Michel Rocard & la Taxe Carbone - INTERVIEW- JUIN 2009
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(2/4) Michel Rocard & la Taxe Carbone - INTERVIEW- JUIN 2009
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(3/4) Michel Rocard & la Taxe Carbone - INTERVIEW- JUIN 2009
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(4/4) Michel Rocard & la Taxe Carbone - INTERVIEW- JUIN 2009
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22 juin 2009

Bug ?

Pour une raison que j'ignore, la plupart des commentaires au billet précédent n'apparaissent pas en ligne (bien entendu la bienséance ne permet pas d'y voir une quelconque malice de la part de pros du net...). Je vais voir ce que je peux faire, mais si ça ne s'arrange pas je m'engage à les publier dans un billet. Et à leur répondre, car j'ai manifestement mal été compris par certains (mais approuvé par d'autres, c'est une bonne nouvelle).

Posté par fzanetti à 09:46 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Les promoteurs m'en touchent une sans faire bouger l'autre

Vous avez difficilement pu passer à côté de cette initiative et de la lettre ouverte associée. Je vous invite vivement à lire les réactions de FrédéricLN, ainsi que d'Oaz, L'Hérétique, Nelly et JF. Edit : j'ajoute Nick Carraway.
Comme l'exprime ce titre emprunté au précédent président, tout ceci me laisse relativement indifférent car l'essentiel des propositions (qui vont plutôt dans le bon sens, comme le souligne d'ailleurs Corinne Lepage - bien que j'aie tout de même quelques désaccords) ont déjà été formulées à de nombreuses reprises par plusieurs personnes, souvent dès l'été 2007. En remettre une couche, surtout de cette manière (sans parler de certaines ficelles un peu grosses), me paraît quelque peu déplacé ; d'ailleurs je n'aime pas cette tendance au lobbying interne.
Sans prêter des intentions aux signataires (je me bats suffisamment contre ce fléau, j'en parlerai dans un billet), je trouve que cela participe d'une conception délétère de la démocratie qui prévaut dans notre pays (y compris dans notre mouvement, ce qui est un comble), à savoir la force du nombre, comme si la qualité et le fondement d'une proposition étaient proportionnels à la quantité de soutiens - avalisant donc aussi l'exécution des mesures "populaires" et la négligence ou l'abandon des orphelines (ou quasi) ou des minoritaires. Les "faibles" ont-ils forcément tort ou ne méritent-ils jamais l'attention ? Je ne cesse de marteler ce propos très juste de François Bayrou : la démocratie, ce n'est pas la dictature de la majorité, c'est l'expression et la prise en compte des minorités. L'histoire a de plus montré qu'il fallait parfois devancer les aspirations des masses (Robert Badinter en sait quelque chose). Plus globalement, je déplore une conception gravement immature de la démocratie, dans notre pays mais aussi au sein de notre propre mouvement, ce que je juge dramatique. Je ne détaillerai pas cette fois-ci car ce billet est déjà suffisamment long.
A propos de démocratie interne, puisque c'est à la mode je vais brailler moi aussi. J'en ai ras la casquette des jérémiades continuelles à ce sujet : oui il y a des dysfonctionnements (notamment au niveau des responsables), oui il faut plus impliquer et écouter les militants, mais un parti n'a pas vocation à fonctionner comme une société (je rejette donc l'accusation d'incohérence entre les idées prônées pour la République et les pratiques internes, même si ces dernières ne sont effectivement pas satisfaisantes).
Le MoDem n'est pas là pour accomplir une catharsis et combler les frustrations des citoyen(ne)s  face aux pratiques (fussent-elles abjectes) de la classe politique du pays (qui les néglige et les bafoue chaque jour ; y compris d'ailleurs en son sein, il suffit  de constater l'inutilité du Parlement, où l'opposition est ignorée et la majorité vote mécaniquement et en bloc selon les voeux de l'occupant de l'Elysée). 
Au MoDem, les militants proposent, et François Bayrou dispose. Ceux qui n'ont pas compris cela, ils dégagent. J'insiste bien sur les deux volets, car jusqu'ici le leader a été assez mauvais sur la forme, et plus ou moins bon sur le fond (cela dépend des sujets). Dans son propre intérêt, il doit donc cesser de s'en remettre à exclusivement à certaines personnes (qu'il n'est pas utile de citer...) et se mettre sérieusement à écouter les membres du parti (pourquoi ne pas refaire une tournée des MoDep par exemple), particulièrement dans les domaines où sa compétence fait défaut (communication, questions environnementales, etc). Mais les décisions et les choix lui appartiennent et doivent être respectés (y compris par les responsables intermédiaires). S'il est suffisamment intelligent (ce qu'on constatera très vite), en cas de désaccord avec une proposition il demandera des éléments d'explication supplémentaires voire un débat. Sinon, tant pis pour lui, il restera confit dans des scores électoraux à un chiffre (c'est l'ambition de nombreux cadres qui assurent leur fauteuil en tant que têtes de listes, mais chacun sait que le béarnais vole autrement plus haut que cette racaille qui a bien plus que lui contribué aux problèmes du mouvement). Ce fonctionnement consultatif doit évidemment être mis en place à tous les échelons.
Mais dans tous les cas, le mot d'ordre c'est la discipline : au mieux, on obtempère ; au pire, on s'écrase et on se met en retrait provisoirement - mais on ne joue pas au socialiste en beuglant sur la toile et ailleurs (au fait, à quand un intranet ou un forum fermé?) pour torpiller les actions du mouvement (souvent pour des raisons de forme ou de méthode et non de fond, ce qui est contre-productif), ou alors on en tire les conséquences et on rend sa carte.
A moins d'être autiste, chaque personne qui a fait la démarche de s'encarter au MoDem sait pertinemment que l'objectif de François Bayrou est de remporter les élections présidentielles de 2012 (pas seulement pour le fauteuil, il a aussi une vision et des idées pour le pays, l'un n'empêche pas l'autre), il faut arrêter de pousser des cris d'orfraie à chaque fois que le sujet est évoqué. Notre boulot de militants, c'est d'assurer qu'en plus de son projet général, il ait un problème complet et précis, apte à répondre aux enjeux - et de le diffuser efficacement (et bien avant la campagne officielle). Le MoDem existe par et pour lui, on n'y changera rien ; mais on peut faire en sorte qu'il ne se réduise pas à cela et qu'il comporte les éléments nécessaires au changement de la politique du pays et au-delà, avec une vraie préparation de l'avenir.
Ces quelques remarques ne décrivent pas précisément le fonctionnement que j'attends pour le mouvement, il faudrait que je prenne le temps de rédiger tout cela (ça ne tiendrait d'ailleurs pas sur une seule page et serait donc inadapté pour un blog). Je peux tout de même rappeler l'excellent processus décrit par un militant (dont je n'ai hélas plus de nouvelles), que j'avais déjà publié ici.
A force de fréquenter le Crapaud et L'Hérétique, j'ai dû attraper le virus de la provocation, alors j'annonce au passage que je suis opposé à la tenue de primaires pour les élections régionales. Cela, je l'argumenterai en temps utile.

Posté par fzanetti à 01:41 - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 juin 2009

Les compétences du Conseil Général

Le magazine du Conseil Général de la Seine Saint-Denis du mois d’avril a fait sa couverture avec le titre « Oui, notre département est utile » et comprenait un dossier sur les compétences du CG. Le but ? Informer bien sûr mais en arrière-plan la volonté politique de faire croire que le CG est indispensable et qu’aucune réforme d’envergure n’est possible. Il s'agit donc de tromper le lecteur, comme on pouvait s'y attendre de la part de ce département.

Personne n’a jamais dit que ce que faisait le CG était inutile. Par contre le CG le sera, dès qu'une véritable intercommunalité aura vu le jour pour le Grand Paris. Les compétences du CG peuvent être transférées soit à la Région (transport et collèges par exemple) soit au Grand Paris (l’action sociale), et que tous les élus des CG peuvent être révoqués (indemnité d’un seul conseiller général sans mission particulière = à peu près 2000€ par mois). La suppression de tous les CG et toutes les intercommunalités de la petite couronne au profit d’une collectivité unique permettraient de faire des économies d’échelle. Prenez par exemple tous les magazines édités par Plaine Commune, Arc de Seine, les CG du 92, 93 et 94, les magazines de la bibliothèque de la Ville de Paris, etc et imaginez le beau mensuel que nous pourrions avoir avec un Grand Paris. Mensuel qui reviendrait bien moins cher que la somme de tous ces canards réunis. Imaginez aussi la visibilité internationale… Et ce n'est qu'un exemple !

Mais chacun tient à son fauteuil de conseiller général, voilà pourquoi d'ailleurs, Odile-Astrid Ibonok et moi-même qui représentions le Modem aux élections cantonales à Aubervilliers-Ouest avions déclaré que nous scierions la branche sur laquelle nous aurions été assis si nous avions été élu. Nous souhaitions la fin du millefeuille politique et administratif, et aujourd'hui encore, nous défendrons cette idée.

Posté par fkelder à 10:20 - Administration - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Burqa et sécurité

LE débat du moment. Je vais faire très vite, car la question est très simple. Contrairement au voile, la question de la burqa, du point de vue du droit français, ne doit pas être une question religieuse. C'est une question de sécurité. Il devrait être interdit à des gens masqués de se promener en pleine rue, que ce soient des hommes, des femmes, des chrétiens, des laïques, des juifs, des musulmans ou n'importe quelle religion. Tout individu doit être reconnaissable (sauf certificat médical, et carnaval).
J'ai déjà vu un gars avec un bas sur la tête dans le RER, et un autre avec un bas à Châtenay-Malabry, que croyez-vous que cela donne comme impression ?
Et quid de la videosurveillance ou même des papiers d'identité, si tout un chacun peut se promener ainsi ?

Posté par fkelder à 09:55 - Cultes - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 juin 2009

Exprimez-vous ! Participez au Grenelle de la Mer

Faute d'avoir le temps d'alimenter ce blog ces derniers jours, j'en ai même oublié de signaler le lancement de la deuxième phase du Grenelle de la Mer au cours de laquelle la population est consultée (après la production de quatre rapports issus des réunions de la première phase). Cette année je ne jouerai pas au petit reporter comme pour le Grenelle de l'Environnement en 2007, parce que j'ai trop de boulot et en plus les consultations régionales n'ont lieu que dans les régions côtières... Néanmoins tout le pays peut participer sur internet pendant quelques jours, il faut se dépêcher !

Posté par fzanetti à 03:57 - Environnement et écologie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 juin 2009

Home

Je suis allé voir ce fameux film cet après-midi. Les images sont spectaculaires, mais le commentaire assez médiocre (notamment du point de vue scientifique : bourré d'approximations - c'est hélas courant avec ce type d'oeuvre - et de franches erreurs - c'est un peu plus gênant). Enfin bon, c'est du YAB quoi. Ceci dit il aborde une grande partie des sujets à couvrir et c'est sans doute une bonne façon de sensibliser la population qui ne serait pas encore consciente de certains enjeux. Un film à voir, donc - même s'il ne saurait suffire en la matière. Outre le site officiel, sachez qu'il est visible en intégralité ici.

Posté par fzanetti à 17:57 - Médias - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 juin 2009

Agrocarburants : pas encore

   Une brève mise au point sur les agrocarburants (dénomination préférable à celle de biocarburants comme l'explique Corinne Lepage).
   Le recours à des carburants issus de cultures agricoles dédiées (actuellement, d'une part éthanol produit à partir des sucres - saccharose de canne ou de betterave, amidon de maïs ou de blé -, d'autre part diester produit à partir des huiles végétales - palme, colza, etc) peut sembler intéressant dans la mesure où le CO2 produit par leur combustion contient du carbone qui est déjà dans le cycle donc "neutre" (à la différence des carburants issus de la matière organique fossile comme le pétrole, dont la combustion remet du carbone en circulation qui accroît l'effet de serre et les perturbations climatiques).
   Cependant, la situation est loin d'être aussi idyllique.
   - Sur le bilan carbone & énergie : il en faut une certaine quantité pour produire ces agrocarburants, ce qui ampute le bilan et abaisse considérablement le rendement. Sachant qu'en plus les cultures en question ont massivement lieu sur des sols tropicaux issus de la déforestation (Indonésie, Brésil, République "Démocratique" du Congo, etc), le bilan est même carrément négatif puisque la destruction des forêts a libéré le carbone contenu dans les arbres (généralement brûlés)... et je ne parle même pas de la perturbation du fonctionnement des sols. (Par contre je ne saurais dire si, au niveau de la fixation de CO2 par la photosynthèse, l'effet du remplacement des arbres par les plantes cultivées est négatif ou pas, il faudrait des chiffres sérieux car il y a beaucoup d'idées reçues sur ce sujet).
   - Sur la biodiversité : la déforestation que je viens d'évoquer a des conséquences catastrophiques que l'on imagine aisément et que je ne détaillerai pas. Je rappellerai simplement que l'effet est négatif aussi en Europe : les terrains en jachère qui sont à nouveau cultivés servaient de refuge à une partie de la faune et de la flore... Et sans même parler des "services écologiques" que l'on perd en détruisant tous ces écosystèmes.
   - Sur les pollutions : ces plantes sont généralement cultivées suivant le modèle productiviste affreusement gourmand en intrants (engrais, pesticides, etc) à l'origine de pollutions diverses (qui nous nuisent autant qu'aux autres êtres vivants, d'ailleurs). Ne parlons même pas des OGM avec tous les problèmes que l'on sait. Par ailleurs, comme pour les carburants fossiles, les co-produits émis lors de la combustion (il n'y a pas que le CO2) peuvent aussi poser divers problèmes.
   - Sur le plan socio-économique : les surfaces et les productions ne sont plus utilisées pour nourrir les populations mais pour produire du carburant et on arrive à des situations aberrantes ! Les surfaces disponibles étant limitées (même en déforestant), cela engendre une concurrence entre filière "aliments" et filière "agrocarburants", et au final un renchérissement de l'alimentation qui aggrave encore la situation des populations qui ont déjà du mal à se nourrir et fragilise celles qui y parvenaient tout juste (on a vu ce qui s'est passé au Mexique récemment). Il existe certes des cultures qui n'entrent pas en concurrence avec les plantes alimentaires car elles ne sont pas comestibles et peuvent être conduites en des lieux impropres aux autres cultures (comme le Jatropha), mais là encore il reste des problèmes, notamment l'irrigation... or on sait que l'eau manque déjà et que ça ne va pas s'arranger.
   Et de toute façon, au vu des consommations actuelles, si on voulait passer intégralement en agrocarburants, pour couvrir les besoins il faudrait couvrir la planète de champs destinés à les produire, ce qui est irréaliste ! (Et il n'est même pas sûr que cela suffirait...)
   On ne résoudra donc pas les problèmes de la pollution liée aux transports avec ce seul moyen. Comme je l'écrivais dans un autre article, la priorité est donc aux alternatives (transports en commun, fret, etc) et à la réduction des besoins en déplacement (organisation du travail, etc).
   Pour autant, doit-on clore définitivement le sujet ? Pas sûr.
   - A petite échelle, des agrocarburants issus de leur production pourraient être utilisés sur place par les agriculteurs et constituer une approche tolérable. On peut également envisager de valoriser des excédents annuels (il est nécessaire de prévoir une production supérieure aux besoins car on ne maîtrise pas les rendements du fait des variations climatiques et autres...).
   - Plus généralement, la production des carburants à partir de la biomasse peut être intéressante, si certaines conditions sont respectées, notamment l'absence de pressions accrues sur l'environnement (ce qui obère pour l'instant les productions issues de cultures de micro-algues). Ceci pourrait être compatible avec la valorisation des déchets de l'agriculture et de la sylviculture (biomasse qui ne serait pas produite "exprès"). Il faut donc un effort de recherche vers la fabrication d'agrocarburants de deuxième génération, valorisant la biomasse ligno-cellulosique (par exemple pour le maïs, pensez à tout ce qui reste de la plante une fois qu'on a récupéré les grains...) avec un bon bilan énergétique et environnemental. Cela pourrait d'ailleurs être une alternative à la méthanisation, qui n'est pas toujours très propre (dans les dispositifs courants on se soucie du carbone, mais quid de l'azote et du phosphore par exemple ?!).
   Précisons tout de même que ces approches viendraient enrichir le bouquet des solutions disponibles, mais ne sauraient en aucun cas constituer l'unique voie.

Posté par fzanetti à 05:56 - Environnement et écologie - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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